Au 1er janvier 2027, les règles du cumul emploi-retraite changent en profondeur. La Fédération de la Vente Directe a adressé sa note de position aux ministres et aux parlementaires : elle demande un relèvement du seuil de 7 000 € et la préservation des carrières longues.
Ce qui change au 1er janvier 2027 pour le CER
L’article 102 de la loi de financement de la sécurité sociale (LFSS) pour 2026 supprime la distinction entre cumul intégral et cumul plafonné. Pour les retraites qui prendront effet à compter du 1er janvier 2027, seul l’âge de l’assuré comptera :
- avant l’âge légal (carrière longue, départ anticipé, inaptitude) : tout revenu d’activité sera déduit de la pension, dès le premier euro ;
- entre l’âge légal et 67 ans : les revenus d’activité resteront sans effet jusqu’à 7 000 € par an ; au-delà, la pension sera réduite de la moitié du dépassement ;
- à partir de 67 ans : le cumul redeviendra intégral, sans plafond, et ouvrira de nouveaux droits à la retraite.
Une réforme du cumul emploi-retraite qui manque sa cible
S’appuyant sur un rapport de la Cour des comptes de mai 2025, le Gouvernement veut limiter les effets d’aubaine et inciter les cadres à rester en activité pour obtenir une surcote.
Les chiffres de la Cour racontent pourtant une autre histoire. Seuls 2,5 % des salariés en cumul gagnent plus que le plafond de la Sécurité sociale, et trois cumulants sur quatre perçoivent moins de 10 000 € par an. Ce sont donc d’abord les petits revenus qui seront touchés.
Le passage à la retraite fait perdre en moyenne 40 % de revenus. Parmi les retraités récents touchant entre 1 000 et 1 400 € de pension, 17 % travaillent par nécessité.
Les carrières longues paient le prix fort : entrés tôt dans la vie active, souvent dans des métiers physiques, ces assurés verront tout revenu perçu avant l’âge légal retranché de leur pension.
Un seuil trop bas impactant les plus fragiles
Le seuil de 7 000 € par an, qui doit être fixé par décret, représente moins de 600 € par mois. La Cour des comptes elle-même évoquait une fourchette allant jusqu’à 10 000 €. À ce niveau, 75 % des cumulants auraient été épargnés, et l’écrêtement aurait surtout visé les cadres et les reprises à temps plein, c’est-à-dire la cible annoncée.
Moins d’activité, moins de cotisations
En rendant le travail après la retraite moins rentable, la réforme va à rebours de l’objectif de prolonger l’activité. Elle risque de provoquer des départs précipités avant 2027 et de décourager des retraités de reprendre une activité, au prix de compétences et de lien social.
Le chiffrage d’économies de la Cour suppose que les retraités concernés continueront de travailler. Il ignore les cotisations et impôts perdus si une partie d’entre eux s’arrête.
La Vente Directe en première ligne
La Vente Directe offre aux retraités un complément de revenu souple et accessible : le cumul y est très répandu. Trois entreprises majeures du secteur ont estimé l’impact d’un seuil à 7 000 €.
Dans deux d’entre elles, les vendeurs retraités gagnent en moyenne près de 10 000 € par an : leur pension serait réduite de 1 400 à 1 600 € chaque année. Même dans la troisième, où les revenus moyens restent sous le seuil, des vendeurs envisagent d’arrêter. Au total, près de 1 400 vendeurs pourraient cesser leur activité pour ces seules entreprises, pour une perte de chiffre d’affaires de plus de 9 millions d’euros. Sans compter les retraités qui renonceront à se lancer.
« Ces vendeurs ne cherchent pas un revenu de confort, mais de quoi boucler leurs fins de mois. Fixer le seuil à 7 000 €, c’est sanctionner ceux que la réforme prétend protéger », déclare Frédéric Billon, Délégué Général de la Fédération de la Vente Directe.
Les trois demandes de la FVD
La FVD demande au Gouvernement de :
- relever le seuil au-delà duquel les revenus d’activité réduisent la pension, pour préserver réellement les retraités modestes ;
- préserver les carrières longues, qui ne doivent pas être sanctionnées pour avoir commencé à travailler tôt ;
- prendre en compte les secteurs qui reposent sur le travail des seniors : Vente Directe, agriculture, viticulture, transport routier.
La FVD poursuit ses échanges avec les pouvoirs publics. Vendeurs retraités, entreprises adhérentes : vos témoignages comptent.
